lundi 2 décembre 2013

Un samedi de novembre lumineux




La grisaille ! la grisaille ! ça suffit !!!

La météo n'a que ce mot à la bouche depuis des jours !

Ce samedi est le dernier jour de novembre

et nous décidons d'aller saluer l'océan…

En route donc pour Saint Palais sur Mer, vers le soleil

où un temps lumineux nous accueille…

Il fait toujours beau quelque part !

La température est certes fraîche

aussi nous sommes pratiquement les seuls

à suivre le chemin côtier en direction du Pont du Diable

à sauter sur les rochers découverts par la marée

à descendre sur la plage déserte et lisse

à compléter les hiéroglyphes tracés par les oiseaux

à fixer la silhouette du phare de Cordouan sur l'horizon

à traverser du regard la largeur de l'estuaire
Assez vite un vieux tronc rejeté par la mer

roulé jusqu'au pied d'un mur de pierre

nous invite à une pause pique-nique…

Le bouchon de la bouteille de Roche Mazet saute déjà

(bouteille du Pays d'Oc achetée en route à Breuillet)

le couteau suisse tranche les rondelles de saucisson

la salade de lentilles vertes du Puy nous régale

quelques dés de fromage sec, un carré de chocolat…

Qui a parlé de grisaille ? Le bonheur c'est bon pour la santé…

vendredi 29 novembre 2013

Tigran Hamasyan Quintet en concert à Saintes


Une belle soirée jazz à Saintes !

Alors que les frimas sont bien là

jeudi soir dans la belle salle du Gallia

le quintet de Tigran Hamasyan nous a réchauffés !

Ce jeune pianiste surdoué virevolte devant ses claviers

chante et dynamise à souhait ses musiciens

dans des voyages oniriques et jubilatoires

dans un maelström mariant jazz, répertoire populaire arménien, rock…

Après Berlin et Munich, il commence une longue tournée en France

de Lyon  à Nice… À voir sans réserve…

samedi 23 novembre 2013

Conte… raconte à Rethel



Conteurs et conteuses en Champagne-Ardenne

À peine installés dans notre Pavillon de la gare,
nous sommes partis (en train bien sûr)
pour deux semaines à la rencontre de parents et d'amis…

vers Nice : saluer Lola & Stéphane,
Nîmes : retrouver Maria, Attilio, Joëlle & Jean-Marc,
Boisseroles : rire avec Viviane, Marie-Annick et Yvan,
Lyon : jouer avec Abigail, Philémon, Virginie & Jean-Lou
et enfin Rethel l'objectif premier de notre escapade…

Pourquoi Rethel ?
C'est ici, tout près de Charleville-Mézières, au pays de Rimbaud,
qu'a lieu Temps de Paroles :
des rencontres de conteurs et conteuses animées par Philippe Vaillant
dont le maître mot est transmettre ! Nombreux sont les passeurs d'histoires
qui ont découvert les chemins de l'oralité grâce à lui. Merci Philippe !

Une belle occasion pour Malou de partager à nouveau
avec des amis du temps passé,
du temps où elle découvrait l'univers du conte dans les Ardennes
avant de voguer vers les Cévennes, Mayotte et l'Océan Indien, la Saintonge…

Un beau, très beau week-end malgré le temps de Toussaint,
juste le temps de retrouver le plaisir de se laisser conter des histoires…

Pas moins d'une bonne douzaine de conteuses et conteurs
ont régalé un large public sur les trois scènes de Rethel…

… avec des histoires d'hier et d'aujourd'hui  :
La petite fille des bisons, Le mangeur d'étoiles, La Belle au bois dormant, L'œil de la vache rigole, Crotte de bique et prout à ressort, Paroles en l'air…

Et qui occupait la page culture de L'Ardennais et de L'Union (presse locale) ?
Malou la conteuse avec ses contes africains et Ma'ruf le savetier (Contes des Mille et Une Nuits)…

De retour en Saintonge, Malou se prépare pour le Printemps des poètes, histoire de narguer l'hiver !

lundi 4 novembre 2013

Le Pavillon de la Gare


Du Palais de Palenne au Pavillon de la Gare…

Tous les meubles sont remontés

les derniers cartons sont vidés
les rideaux sont accrochés
et depuis ce jour, au monde sommes reliés !

Cinq semaines de silence pour glisser de Saint Seurin de Palenne jusqu'à Saintes, sur les bords de la Charente, où nous sommes ravis et prêts à vivre de nouvelles aventures…


Merci à tous, merci de vos encouragements, de votre patience

et de vos signes amicaux…

Attention au départ ! Voici Malou la super chef de gare !

Le blog est reparti…

dimanche 29 septembre 2013

Côte de Granit rose et côte des Abers


La presqu'île de Plougrescant

Ici, à Castel-Meur, souvent « … la mer vient contester la rive… » disait Xavier Grall.

Aujourd'hui, on y vient voir la Petite maison de Plougrescant, coincée entre les rochers et posée sur son îlot,
comme un défi à l'océan.


Ô Bretagne, ma demeure
il faut que survive
le kyrie de ton âme de sel
idem il faut jeter au ciel
la drisse
des pietà et des miséricordes

Sur les rochers de Ploumanach

idem il faut poursuivre les troménies
dans la croyance des bocages
idem relire les portulans
il le faut
idem faire son évangile
de la pensée du soleil
il le faut

Et cependant, mère, aber
dans le suaire des grèves
roulent
des monceaux de chiens et d'enfants.

(…)


La côte des Abers


Mais moi je te chante, mon pays
avec tes morts et tes vivants
et tes coques de pins et tes cargos de fer
je te chante, moi, Grall Xavier Marie
je te chante pour ta folie
pour tes bagages de rêves
pour tes Chouans, ô ma Celtie.

Il faut chaque jour gagner sa légende
il faut chaque jour célébrer la messe de l'univers.

Je te chante avec ma bouche dans la bouche de tes vents
je te chante avec mes mains dans la main de tes landes
je te chante, moi, Grall Xavier Marie
pour la liturgie de tes focs et la charité de tes misaines
pour les marins perdus pour tes grèves de laine
et tes puissantes houles et tes doux paradis…

(…)
Xavier Grall Le Rituel breton

Après les Rochers de Ploumanach, le pays du Léon, la baie de Morlaix, l'Aber Wrac'h, l'Aber Benoît, nous voici à deux pas de l'Aber Ildut, dans le mignon petit port naturel de… Melon ! 

Les îles de Molène et d'Ouessant nous invitent à l'horizon…
Ce sera pour plus tard…


jeudi 26 septembre 2013

Dans les Monts d'Arrée

Les Enclos Paroissiaux

Quitter les côtes bretonnes variées et belles à l'infini afin de découvrir les plus grands chefs-d’œuvre d'architecture et de sculpture  de Bretagne, entre Morlaix et les  monts d'Arrée…

Saint Thégonnec, Guimiliau, Lampaul-Guimiliau, Bodilis, Sizun, Comana… nous avons l'embarras du choix !

Derrière un mur d'enceinte, une arche monumentale, un calvaire, une chapelle funéraire et une église aux retables baroques à souhait ! Des trésors du XVIe et XVIIe siècles en parfait état ! En pleine campagne, des joyaux assez peu connus…

Le lin et un fort sentiment religieux favorisent cette explosion architecturale. Morlaix s'est enrichie du commerce maritime florissant grâce au lin cultivé et tissé dans l'arrière-pays.

             L'oracle des pierres (extrait)

Nous ne cherchons que notre errance,
le goût du brasier sur la glaise,
le rythme calciné des légendes
d'une et le secret de ce gouffre
où nous ne crions plus.


Orgue muet, la paroi
dresse les splendeurs sursitaires
d'une âme cabrée sous le gel.

Franchissant les cols
les hommes signent le visible
avec des reliques,
au nom de l'invisible.
Si haut, l'euphorie du corps
disperse la peur
et le peu d'attaches
aux croyances passées.

La faim de néant
devient regard de famine.

Ici le manque est une aubaine
qui vérifie l'oracle :
Nous avons trop de tout
et pas assez de rien !

Emporte-moi, lumière,

jusqu'à l'oubli du songe
d'être né…
                                                 André Velter L'arbre-Seul


Jusqu'au mont Saint-Michel-de-Braspard

Étourdis par tant de têtes d'anges rubicondes, nous avons quitté Commana en direction du Roc'h Trévezel et de la chapelle de la Montagne Saint Michel, les points culminants des Monts d'Arrée à 380 mètres d'altitude !



              Pen ar Hoat


Sans vanité je vis dans un pauvre village
Qui penche d'humbles toits sur le maigre gazon
loin du large chemin, j'ai pour tout horizon
la croupe du Menez Arré fleuri d'ajonc sauvage.

Là, toujours les étés brûlent les monts sans âge
Quand sortent les troupeaux à rugueuse toison ;
Là, toujours les hivers givrent d'un blanc feston
Les grands pins chevelus gardiens du paysage.

Ô pays primitif ignorant la douceur
Par tes âpres versants le fruste laboureur
Défricheur de landiers rêve à son feu d'éteule.

Quand le naphte doré manque chez le marchand
On allume le suif, et je mêle en riant
Le fil noir au fil roux pour taquiner l'aïeule.
Anne Perron, institutrice à Hanvec de 1929 à 1937

Cette balade jusqu'au Menez Sant-Mikael nous a été proposée par Nathalie et Frédéric de Saint Thégonnec où nous avons vécu un excellent séjour aux Chambres du Cosquer :   www.chambres-cosquer.com

mardi 24 septembre 2013

À vélo à l'île de Ré


L'automne est annoncée à 20 h 44 ce dimanche 22 septembre !

C'est à vélo sur l'île de Ré que nous décidons de fêter 

ce dernier jour de l'été ! Et quel été fabuleux !

À 10 h, nous enfourchons nos vélos depuis le parking du

Belvédère avant de nous élancer sur le pont de Ré !

Un temps estival, idéal, pour redécouvrir les beautés de l'île…

Depuis le pont, nous filons vers Rivedoux Plage et La Flotte

première pause étape le dos au large bien découvert…


Direction Saint Martin de Ré et les fortifications de Vauban

que nous apercevons sans poser pied à terre

avant de nous élancer vers la plage de la Mer du Nord (si !)

et ses parcs à huîtres où une pause s'impose :

l'heure du pique nique approche et il sera iodé !

Nous voici à Le Goisil à l'abri d'une brise légère…

Nous allons poursuivre entre les vignes en direction de Loix…
Ce chemin du littoral entre Saint-Martin et Loix est un des plus

agréables car il longe l'océan, il passe sur d'étroites digues entre

les marais salants avant d'arriver au village pittoresque de Loix…

De là nous filons vers la Couarde sur Mer, sur la façade sud ;

les jours sont trop courts pour aller jusqu'au Phare des Baleines…

Il est l'heure de trouver une plage pour la baignade :

dernière étape à Bois Plage en Ré sur le sable du Petit Sergent.

Retour face au vent en doublant les bouchons avant le pont.

Nous arrivons au Palais juste avant l'heure de l'automne…

vendredi 20 septembre 2013

Sur les landes du Cap Fréhel

« Ici les plantes paraissent plus grandes,
régissent l'espace autant que les maisons.
                             La lande touche le ciel. »                                          Guillevic

Depuis Plevenon aller jusqu'à la Plage de Château Serein

baignade sublime à marée haute dans le scintillement des flots

s'avancer sur le GR34, celui qui dessine les côtes bretonnes

Port Saint Géran nous accueille face aux parcs à huîtres

viser le Fort La Latte tout au bout du Doigt de Gargantua…
Au Cap Fréhel

C'est un bout de terre courageux et sauvage
offrant ses rivages aux assauts de la mer
dans laquelle, souvent, le soleil fait naufrage
arraché au ciel par des vents téméraires

Quand le doigt de l'été sur la lande se pose
les fleurs de bruyère roses comme les joues
d'une jeune fille qu'un regard sur elle, ose
lui donne un charme romantique très doux.

La terre et le granit par le vent épousé
ont le teint de l'émoi, la soie et le velours
d'une main de femme sur un corps dénudé
la beauté d'un jardin aux pétales d'amour.
Un soleil timide boit le chagrin des nues
et de ses caresses réchauffent les oiseaux
réunis par la nuit dans leurs nids suspendus
à flanc de falaise entre les cieux et l'eau.

                Ô temps, n'arrête pas le vol des goélands :
                 leurs ailes déployées invitent au voyage
              et portent sur leur dos les rêves des amants
leurs âmes jumelles ne souffrant le partage

Grain de poussière au cœur de l'infini
la magie d'un instant, je porte l'Univers :
il est tes yeux et ta voix, seuls au monde blottis ;
nous sommes là sur les bords de la Terre.

D'après Michel Brodowicz (2003)
Des bruyères de la Pointe de La Latte à l'Anse des  Sévignés,

de La Teignouse à La Fauconnière,

de la Pointe du Jas au Trou de Poulifer…

Bruyère cendrée rose, la plus commune

Bruyère ciliée en grelot allongé en épi, aux tiges velues

Bruyère quatre angles en petits grelots rose pâle

Bruyère callune aux fleurs roses en longues grappes dressées

Et des ajoncs d'Europe épineux aux fleurs jaune d'or…

Séjour très agréable au Relais du Cap : www.relaiscapfrehel.fr

lundi 16 septembre 2013

Dans la forêt de Brocéliande


Remonter jusqu'en 1160 pour trouver les premières mentions écrites de la Forêt de Brocéliande (de Paimpont aujourd'hui).

Robert Wace dans le Roman du Rou traduit en français et arrange un manuscrit anonyme gallois, Brutus de Bretagne, lui-même traduit en latin par Geoffroy de Monmouth… On peut y lire :

Parmi une forêt épaisse
Sont maintes voies félonnes
de racines et d'épines pleines.

Or c'est Brocéliande
Une forêt en une lande
Une forêt mult longue et lée
Qui en Bretagne est mult louée.
La Fontaine de Barenton
Sort d'une part près le Perron…
Là il est beau voir les fées
Et plusieurs autres merveilles…

Quant viennent les chasseurs
À Barenton par grande chaleur
Avec leur cor d'eau puiser
Et le perron dessus mouiller
on voit de suite la pluie tomber…

Il est une légende très ancienne colportée par les bardes bretons qui rapportent l'existence d'une fontaine merveilleuse, dotée de pouvoirs surnaturels. Son eau jaillit entre les racines d'un chêne près d'un bloc de pierre. Aller à Barenton, c'est soulever le feuillage comme le rideau d'une scène de théâtre et découvrir un monde chevaleresque et courtois, un univers féerique…

C'est depuis le Manoir du Tertre (voir photo 5) près de Paimpont,
que nous sommes partis à la découverte de quelques uns
des célèbres lieux des exploits des Chevaliers de la table Ronde, de Merlin l'Enchanteur, des Fées Morgane et Viviane…

Depuis l'église du Graal à Tréhorenteuc, partir sur les chemins de la Porte du Ciel… Traverser les Landes de la Troche, le Pertuis Néanti, le Pâtis aux Ronces, le hameau de la Folle Pensée… Franchir le ruisseau du Val Guyon… Se rafraîchir bien sûr à la Fontaine Barenton et arriver au Jardin aux Moines…

La légende dit qu'autrefois, les moines et seigneurs peu en odeur de sainteté, passaient leur temps à festoyer. Saint-Méen les surprit ainsi au milieu de la lande et les incita à une vie plus monacale, ce dont ils se gaussèrent. La punition ne fut pas longue, ils furent aussitôt changés en pierre…

Le Val sans Retour et les Landes de Gurwant…

Franchir le seuil de sa porte, s'engager dans la périlleuse aventure et accomplir sa propre quête… Arriver à l'heure où la lumière rose orangée d'un soleil naissant se mêle à la brume frissonnante du Miroir aux Fées…

Suivre l'appel murmuré à l'entrée de l'étroit sentier qui conduit jusqu'aux crêtes rocheuses de Gautro… Mériter le bout du chemin, trouver son val, se frayer un passage entre les saules, les pins, les bouleaux, les chênes, les châtaigniers…

Chevaucher les troncs couchés sur la mousse, danser au-dessus des ornières, respirer les parfums des genêts en fleur, soulever le voile des broussailles, écouter le vent chanter, laisser venir l'instant de l'indicible rencontre…

Dormir dans un manoir hanté !

Une solide bâtisse du XVIIe, ce Manoir du Tertre niché sur une colline, avec des murs couverts d'histoire dont l'isolement participe à l'atmosphère particulière de Brocéliande…

Nous y avons vécu deux soirées merveilleuses. Dans la grande salle, au pied de l'escalier monumental, un portrait de la Dame Blanche nous saisit dès l'arrivée (à droite sur la photo).

Geneviève Zaeppfel, l'ancienne propriétaire née en 1882, s'est illustrée au siècle dernier, avec une certaine notoriété comme voyante, médium, astrologue et hanterait toujours les lieux…