vendredi 21 mars 2014

Le Printemps des poètes : la caravane de Ma'Ruf


Un conte des Mille et une nuits

Malou et Jane nous invitent à vivre d'un monde à un autre, les péripéties de Ma'Ruf dans un voyage hors du temps. Dans la ville du Caire, un souk, un roi, une princesse, un vizir, la mer, le désert et la caravane de Ma'Ruf…

Rêve ou réalité ?

… un soir, Schaharazad est arrivée. Schaharazad la fille du vizir, Schaharazad la rusée… Et pour sauver sa tête et celle des autres jeunes filles, elle a ouvert le cycle des Mille et Une Nuits… elle a conté cette histoire au roi Schahriar…

Ô roi du temps, voici l'histoire admirable et étonnante de Ma'Ruf et Fattoumah. C'était il y a longtemps dans la grande ville du Caire.

Ma'Ruf est savetier. Il a sa boutique dans le souk. Fattoumah régne sur la maison. Ma'Ruf rapporte la pitance, Fattoumah gére l'intendance.
Tous les jours, Ma'Ruf va à sa boutique, il déplie le cuir, taille, assemble,  coud, brode ses babouches. Les badauds passent et repassent, le regardent travailler, touchent les babouches, les essaient. Certains achètent, d'autres pas. Il y a les jours fastes et les jours pauvres…

Ce soir là, Ma'Ruf n'a rien vendu. Il a comme le matin, les mains vides dans les poches vides. Ma'Ruf ferme sa boutique,  va dans le souk, entre les étals, s'arrête devant la boutique du pâtissier. Ses yeux se posent sur une belle kénafa toute ruisselante de miel : 
« Elle est belle ma kénafa, n'est-ce pas Ma'Ruf ! C'est la dernière, je te la vends ! »
« Ah, je voudrais bien, c'est Fattoumah qui serait heureuse, mais je n'ai pas un dinar en poche. Allah, le grand Rétributeur n'a pas été généreux avec moi, aujourd'hui, je ne peux pas te la payer. »
« Ma'Ruf, si Fattoumah veut une part de kénafa, je vais te l'emballer, tu me la paieras plus tard quand Allah le miséricordieux sera plus généreux avec toi . Sache Ma'Ruf que cette kénafa n'est pas échevelée au miel d'abeilles mais au miel de canne à sucre ! D'ailleurs, tu verras, Fattoumah t'en dira des nouvelles ! »

Fattoumah le voit arriver des paquets plein les bras, elle lui ouvre grand la porte de la maison. Ma'Ruf entre. Il pose les paquets sur la natte. À genoux, au pied de Fattoumah il ouvre le paquet qui contient la kénafa, lui présente le gâteau. Il rencontre  le regard noir, la bouche amère. Fattoumah prend  la kénafa, lui lance à la figure : « Tu n'es qu'un misérable ! Tu croyais me tromper ! Tu croyais que je ne verrais pas que cette kénafa est échevelée au miel de canne à sucre ! » Elle prend  Ma'Ruf par le col, le jette dehors et claque la porte derrière lui. 

Le soleil avait passé la ligne d'horizon, la nuit était tombée. Ma'Ruf marche dans la rue, seul,  la kénafa dans les mains. Il marche, il mange, il marche, il mange, elle n'est pas si mauvaise que ça cette kénafa ! il marche dans les ruelles, dans les venelles. De venelles en ruelles, il arrive au bord du Nil. Il longe le Nil, arrive au port. Des felouques entrent, des felouques sortent, toutes voiles dehors. Sur le quai un marinier crie : « J'ai besoin d'un marin pour faire la traversée. Qui est intéressé ?» Ma'Ruf se précipite, il monte dans la felouque. Debout au pied du grand mât, il regarde vers la mer. Il tourne le dos au Caire, à la mégère, à la misère. Cette nuit là, Ma’Ruf met les voiles.


Une nuit, en pleine mer, un vent violent fouette la felouque. Les vagues cognent contre la coque. Le bateau est ballotté de vague en vague. De creux en crêtes, de crêtes en creux, la felouque se retourne, la coque se brise, l'équipage se noie.

Le vent se pose, la mer se calme, les débris de la felouque resurgissent, Ma' Ruf réapparait, agrippé à un morceau du grand mât. Il se laisse porter. Le soleil rosit l'horizon, découvre une terre. Ma'Ruf nage nage, nage vers la terre. Il met les pieds sur la grève, il est  presque nu, habillé d'algues et d'écume de mer. Il s'effondre, il s'endort. 

Un homme arrive, richement habillé, monté sur un âne,  accompagné de deux mamelouks : « Dis-moi, qui es-tu ? D'où est-ce que tu viens ? Dans l'état où tu es, qu'est-ce qui s'est passé, qu'est-ce que tu viens chercher par ici ? »  Et Ma'Ruf raconte à Ali, un riche marchand, Le Caire, le souk, la misère, la mégère, comment il a pris la mer, la tempête… « Eh bien Ma'Ruf, je vais pouvoir faire aujourd'hui pour toi, ce qu'il y a longtemps déjà, un autre a fait pour moi ! Voilà comment on va s'y prendre. Je vais te donner de beaux habits, de l'argent, un âne… ».

Le lendemain, Ma'Ruf, dans les beaux habits d'Ali, de l'argent plein les poches, sur son âne suit les mamelouks vers le souk… De commerçants à clients, de clients à commerçants, de bouches à oreilles, d’oreilles à bouches, l’histoire de l’étranger est arrivée aux oreilles du roi.

« La paix sur toi étranger ! Tu es donc ce riche commerçant qui fait halte dans notre ville ! Tu attends dit-on une caravane de marchandises précieuses. Est-ce vrai ? Et Ma'Ruf raconte ses voyages en Afrique, le commerce des pierres précieuses, des diamants de l'or, de l'argent. Ses voyages en Inde, en Chine, le commerce des tissus précieux, des pièces de joaillerie, d'orfèvrerie…

« Ma'Ruf, ton trésor est donc si grand ! Sache que moi aussi je possède un joyau, inestimable, unique au monde.  Celui-là tu ne le possèdes pas et je vais te l’offrir, toi seul peut en apprécier la valeur. Je te donne ma fille en mariage et tu seras Roi après moi ! »
« Sire, c’est un immense honneur, je ne le refuse pas mais attendons l’arrivée de ma caravane. Sans elle je ne pourrai pas dérouler le soir des noces aux pieds de la princesse, la rivière de diamants que je voudrais y voir briller… »
Le mariage est celé. Ma'Ruf pouvait maintenant rencontrer la Princesse. Pour Ma'Ruf c'était l’instant crucial, le moment de lever le voile, d’entrer dans la chambre nuptiale. Ce soir-là, Ma'Ruf est à genoux au pied de la moustiquaire, le front à terre, nu comme un ver,  les mains sur le voile, il marmonne dans sa moustache. La Princesse est  derrière le voile, assise sur le lit, elle regarde Ma'Ruf.

« Ma'Ruf, qu’est-ce que tu attends ? Tu as peur ? Je ne te plais pas ? »
« Oh si Princesse, je ne demande que ça mais c'est la faute à ton père aussi. Il n’a pas voulu attendre l’arrivée de ma caravane et je ne peux pas déposer à tes pieds la rivière de diamants que je voudrais y voir briller. »
« Ma'Ruf, qu’est-ce que j’ai à faire d’une rivière de diamants, c’est toi que je veux, viens et délectons-nous ensemble ! »

Ma'Ruf soulève le voile, bondit sur le lit, enlace la Princesse, l’embrasse… ils roulent sur la couche. Sur le lit, c'est une joyeuse mêlée… s’élèvent des soupirs, des gémissements de plaisir. La lumière de la lune sur la moustiquaire montre un ballet d’ombres incessant et dans la musique des corps et des voix, la nuit passe délicieusement.
Aux premières lueurs du jour, Ma'Ruf a rejoint le roi au Diwan. Chaque jour qui passe, il continue  de donner généreusement de l’argent aux pauvres, aux miséreux, aux indigents. Le vizir toujours sur ses traces, tient les comptes.
« Sire, regardez dans quel état cet homme met notre état ! le trésor est bientôt vide. Quand les notables vont voir, que le peuple va savoir, il va se révolter et vous aurez la tête tranchée, voilà ce qui va vous arriver.  Les jours passent, la caravane n’arrive pas ! Il faut faire quelque chose ! »
( à suivre)

D'après Les Mille et Une Nuits
Contes traduits par Joseph Charles Mardrus
Bouquins / Robert Laffont

Dans le cadre de l'exposition Dans le bruissement des mots de Aïdée Bernard
Alors, cette caravane, rêve ou réalité ?
La suite avec Malou & Jane, un soir ou une nuit, auprès de la cheminée,
ou sous la tente dans le désert !

vendredi 14 mars 2014

Un Don Quichotte jubilatoire !

Un vide grenier pour décor…

Le Groupe Anamorphose nous a offert un sacré Don Quichotte.

Dans un décor de vieux livres, de peluches, d'objets religieux, de petits meubles, de bibelots divers… imaginez Don Quichotte paré d'ustensiles de cuisine, armé d'un goupillon de ramoneur et d'un bâton de ski, accompagné d'un Sancho Pancha rondouillard en saroual…  Tous deux nous emmènent dans un ballet fou d'où surgissent les figures imaginaires nées de l'esprit fantasque de ce fou vieillissant mais résistant à la fatalité, à l'âge, à la bêtise, à l'échec, à ce monde décidé à lui remettre sans cesse les pieds sur terre et le nez dans la poussière ! Un pur régal ! À voir !

dimanche 9 mars 2014

Le Printemps des poètes : Au cœur des arts




BLEU KLEIN


Un jour tu es entré dans le bleu
comme on pénètre dans la vraie vie
tu es entré dans le bleu
tu as fait le pari de l’immensité
et ce fut comme un sésame
un passage sur l’autre versant du miroir
ce ciel qui emplissait tout
la respiration des galaxies
la cadence des univers
le souffle magnétique de la Grande Ourse




un jour tu es entré dans le bleu

pour n’en plus jamais revenir

ce bleu ardent électrique
invulnérable
tu t’es plongé dans un bain d’indigo
au centre de l’horizon
pour voir tout en bleu
ligne de ciel
ligne de coeur
pour te faire la belle
la belle bleue
avec tes pinceaux vivants
l’intensité l’intensité l’intensité
pour devenir bleu d’émotion
découvrir ce lâcher de ballons bleus




au fond du cœur
ce saut dans la poésie
où la création recommence
à chaque instant
où l’éternité a la grâce des funambules
une énergie capable de forcer la pesanteur
une vie vouée au judo du bleu
une fête de l’infini
pour les marcheurs d’aurores


ZÉNO BIANU






vendredi 7 mars 2014

Il était une fois à l'escarMouche Musicale

C'est à l'escarMouche Musicale,

café/bar posé à deux pas des rives de la Charente à Saintes,

espace convivial animé par Franck

que Laure et Malou ont livré leurs contes traditionnels…

Elles nous ont emmenés dans la savane,

sur les océans, dans les airs, dans l'Arche de Noé,

dans des palais, sur des barques de cannes à sucre,

en compagnie de rat, d'araignée, de poulpe, d'âne,

de Martin-pêcheur… jusqu'au cœur d'un baobab…

lundi 3 mars 2014

Vous avez dit classique !

Deux classiques du mélodrame hollywoodien pour cette soirée cinéma :

— Lettre d'une inconnue : Max Ophüls a adapté en 1948 (pour son deuxième film tourné aux E-U) cette nouvelle de Stefan Zweig parue en 1922.

L'histoire se passe à Vienne au début du siècle dernier. Stefan Brand, pianiste de renommée mondiale, n'est plus un sémillant jeune homme mais un adulte aux tempes grises, un homme usé par la vie et désenchanté…

La veille d'un duel qui peut lui être fatal, il reçoit une longue lettre… Il ne se souvient plus de cette Lisa Berndle, l'auteur de cette lettre tragique : je ne suis peut-être plus de ce monde à l'heure où vous lisez ces mots… Une de ses nombreuses conquêtes disparues avec son passé. Il a oublié cette femme à qui il avait promis de revenir dans deux semaines sur un quai de gare après sa tournée… Alors que John, son fidèle domestique, lui se souvient très bien de cette femme amoureuse dont la délicatesse et la mélancolie glissent lentement, inévitablement vers le sublime…

Merci Monsieur Ophüls de ce petit bijou restauré et ressorti le 19 février 2014…

— Une femme cherche son destin (Now, Voyager) : Irving Rapper réalise en 1942 un mélodrame parfait avec une Bette Davis éblouissante… À voir et à revoir

vendredi 28 février 2014

Rêve ou réalité (1)


La maison de vos rêves

Bientôt trois mois qu’elle vient chaque lundi, le matin de préférence. Je la reçois dans mon bureau, confortablement installé dans un fauteuil IKEA blanc, mon carnet de notes posé sur les genoux, le dictaphone au garde-à-vous à ma droite sur la table basse.

Avant son arrivée, vers neuf heures trente, je relis mes notes et écoute quelques extraits de ses désirs. Ceux-ci sont classés pièce par pièce en trois colonnes selon ses couleurs préférées. Je n’ai gardé que ceux cités au moins trois fois depuis le début de nos entretiens.

C’est un ami qui me l’a envoyée — dis-moi, Bob, je sais que tu es très sollicité mais voilà : Lisa, une amie de longue date, vient d’acheter une vieille demeure en Bretagne — LA maison de mes rêves — m’a-t-elle déclaré avec joie. De passage chez nous l’été dernier, elle a a-do-ré la déco et m’a bien sûr demandé qui était l’auteur de cette harmonie de couleurs, d’étoffes, de cet univers enchanteur à ses yeux… —. Et voici pourquoi je reçois régulièrement Lisa au bureau de mon agence.

Dès le premier contact, j’ai senti chez elle une sensibilité extrême, une gourmandise raffinée, affichée dans le choix de sa tenue. Je me souviens du rouge capucine de son étole jetée avec élégance sur l’épaule en écho au vernis de ses ongles…

Lisa — j’appelle assez vite mes clients par leur prénom s’ils acceptent, une proximité qui peut favoriser le choix parfois difficile, délicat d’un tissus, d’un bibelot — quelles sont vos trois couleurs préférées ? Le vert, le gris et le turquoise, m’a-t-elle répondu lentement mais d’une voix claire. Bien, je vous propose de dessiner peu à peu le décor de votre maison, celle de vos rêves, à partir de ces trois couleurs.

Ont suivi plusieurs voyages jusqu’à Songe, minuscule port de pêche niché au creux d’un des abers de la côte du même nom. Ensuite, pièce par pièce, séance après séance, elle a décrit le décor rêvé, celui que nous allons élaborer ensemble. Huit heures vingt, assis au bureau, je relis à l’écran les dernières notes que Lisa m’a envoyées dans la semaine à la suite du dernier entretien…

… j’entre dans un vaste hall carré aux murs ivoire ou coquille d’œuf… une pâleur orangée tombe d’un puits de lumière… j’avance pieds nus sur un sol de marbre vert de mer… j’apprécie la dureté de la pierre, je glisse sur la chevelure des algues, je prolonge la caresse de l'onde… à l’agonie du jour je veux danser avec les orangers du couchant…

… je m’abandonne dans le seul fauteuil turquoise du salon… les pieds cachés dans le sable chaud… face à la baie béante ouverte face au large… où des voilages couleurs goélands s’effilochent sans fin… je veux écouter à l’infini les refrains turquoises de l’océan Iroise si proche, si lointain… 
… je m’étends sur une couche émeraude de l’unique chambre aux murs de nuages bleutés… sous un ciel percé d’étoiles… bercée par le seul souffle des pages des livres innombrables… ces livres, je veux les voir feuilleter par des hirondelles vert/bouteille… nichées dans des étagères de rayons de lune…

… au réveil, quand le gris perle du matin a effacé les étoiles les plus paresseuses, quand je pose les pieds sur des tapis d’ailes de papillon jaune capucine, quand je cherche la cuisine…

Neuf heures trente. Elle ne va pas tarder… Je souhaite que le projet idéal aboutisse aujourd’hui. J’ai relu toutes mes notes ce week-end, j’ai repassé tous les enregistrements, choisi de nouveaux échantillons, cherché de nouvelles nuances de vert, de gris, de turquoise, refait toutes les esquisses couleurs de rêve, le rêve de Lisa…

Dix heures, elle n’est pas arrivée… Étrange, elle est toujours ponctuelle… 


jeanPaul  coLomb

lundi 24 février 2014

Patrice Chéreau

Farouchement libre…

« Je n'aimerais pas qu'une rue ou un théâtre portent mon nom… »
ainsi parlait Patrice Chéreau quelques jours avant sa mort le 7 octobre 2013.

Je reviens aujourd'hui sur la disparition cet artiste exceptionnel (le 7 octobre nous avions la tête dans les cartons au portillon du Pavillon de la Gare).

J'ai connu l'immense bonheur d'être présent au Festival d'Avignon en 1988 — l'été Chéreau — des moments inoubliables :

— Hamlet de Shakespeare avec Gérard Desarthe, Robin Renucci, Marthe Keller, Pascal Greggory… dans la Cour d'Honneur du Palais des papes toute occupée par l'installation en strates de Richard Peduzzi…

— Dans la solitude des champs de coton (je découvrais les textes de Bernard-Marie Koltès) avec Laurent Malet et Patrice Chéreau (photo) en dealer lamentable et magnifique dans un espace bi-frontal, comme sur un ring ! 

Pour ces moments de pure beauté, pour La chaire de l'orchidée, L'homme blessé, La Reine Margot, Ceux qui m'aiment prendront le train, Intimité…
Merci l'Artiste !

vendredi 14 février 2014

Saint Valentin en Saintonge

« Le vent se lève — Deux papillons virevoltent — La valse de l'Amour »

Un jour………    sur le fil d'éternité………    j'ai rencontré………

Joie vive
          Eau qui court
               Âme légère
                    Nulle entrave mais l'Arc-en-Ciel

Papyllon — Palette
Ailes colorées déployées
Unisson pourpré
Lumière fragmentée

Et les chemins-torsades se déroulent
Et les jours rient
Et la nature chante
En ton cœur contenant TOUT
Malou

mercredi 5 février 2014

Folle Journée à Nantes : des Canyons aux Étoiles


C'est parti pour trois jours fous !

Tout a commencé brusquement vendredi peu avant midi,


il a saisi mon vieux cuir assoupi dans le couloir,


m'a plié en deux et tassé au-dessus du sac à dos…


Il a verrouillé le Pavillon de la Gare, marché un instant,


le train est arrivé, il est monté, c'est parti…


Rochefort, La Rochelle, Luçon, La Roche-sur-Yon, Nantes…


Transfert jusqu'à chez Caroline où j'ai retrouvé le jour,

il m'a déplié pour déposer dans mon ventre


une bouteille d'eau et un parapluie, m'a hissé sur son dos ;


nous voici partis pour un marathon musical de trois jours !


Arrivés devant la Cité des congrès, j'ai compris :


je suis son vieux sac fidèle depuis des années,


aussi je me souviens de la plupart de ses festivals :


Avignon, Arles, Saint-Malo, Marciac, Vienne, Chaumont…

… et la Folle Journée à Nantes, je connais !

Il a dû m'y traîner maintes fois depuis 1997 !


Schubert, Bach, Mozart, Chopin, Beethoven, Brahms, Ravel…


Pour la 20e édition, René Martin, le directeur artistique


a choisi des compositeurs exclusivement du XXe siècle,

des États-Unis, connus et méconnus, de Gerschwin à Barber,


et aussi Glass, Bernstein, Copland, Korngold, Ellington, Crumb…


Près de 300 concerts, du piano solo à l'orchestre philharmonique.


Lui, je sais qu'il préfère les petites salles (80 à 200 places).

Aussi, ce vendredi, dès 19h, il m'a posé à ses pieds,


au premier rang ; je pouvais me voir dans le piano


avec lequel Laurent Wagschal nous a éblouis


avec Quatre excursions et des Ballades de Barber


avec Passacaglia de Copland, et Agu de Mellits


puis Trois études de Wild d'après Gershwin…


Et ce n'est que le début de ces trois jours de folie !

Il a enchaîné le soir même à 20 h 30 avec Bruce Brubaker 

et le lendemain matin à 9 h 30 au Lieu Unique ravissement total


avec The Köln Concert Part I de Keith Jarrett et Ragtimes de


Scott Joplin interprété par Andreï Korobeinikov magnifique et


drôle (photo 3)… Reprise à 22 h à LU avec le Big Band de


l'Université F. Chopin de Varsovie (photo 4)… Dimanche, dès 9 h,


Lidija et Sanja Bizjak l'ont complètement ravi, il a jubilé avec les


Danses symphoniques de West Side Story de Bernstein et les


Souvenirs de Barber, les Études pour piano mécanique…


Mais la Folle Journée, c'est aussi la folle ambiance autour du kiosque (photos 2 et 5) : Barbara Hendricks, le Crossroads Quartet


avec leur style "babershop", des Big Band, des quatuors, des octuors, des cuivres, des cordes, des musiques pour tous…


Lundi, il m'a reposé dans le couloir du Pavillon de la Gare ; je parie qu'il a déjà envie d'y retourner… avec Malou  !