mercredi 2 septembre 2015

Photos : Rencontres d'Arles 2015




Arles ! L'été ! C'est le rendez-vous avec La Photo ! Depuis 1989 — lors de sa vingtième édition — chaque fois que mes pas m'amènent tout près des rives méridionales du Rhône, je vais aux Rencontres Internationales de la Photo ! 

Une journée entière à construire son parcours : jeu de piste afin de relier les quelques trente cinq sites… Un festival coloré : l'image interpelle à chaque coin de rue, dans une église, une chapelle, un couvent, un musée, une galerie, un ancien cinéma, un hôtel, un entrepôt…

Les Paradis, rapport annuel
Premier choc au Palais de l'Archevêché avec les photos de Paolo Woods et Gabriele Galimberti qui ont déniché les paradis fiscaux. Enquête sur les lieux opaques du pouvoir.

Les paradis fiscaux ont discrètement conquis le monde. Plus de la moitié du commerce mondial transite par ces espaces : du Delaware à Jersey, de Singapour à Panama, des îles Vierges à la City de Londres…

Pendant deux ans, les artistes ont voyagé dans les centres offshore qui incarnent l'évasion fiscale, le secret bancaire… On estime que dans le monde jusqu'à 32 000 milliards de dollars sont dissimulés dans ces paradis fiscaux !
MMM                               Rencontre entre Martin Parr et Matthieu Chedid. Autre moment fort de la journée dans l'église des Frères-Prêcheurs où M amène sa musique dans les photos de Martin Parr…
Vous allez d'une chapelle à l'autre, et vous vous abandonnez dans des chaises longues à la découverte des images tout en écoutant quelques notes de piano, de guitare, de percussion… Les clichés regroupés par thème ont inspiré un instrument et en vous replaçant au centre de l'église, vous recevez le morceau musical dans son ensemble… Magique !
Le Parc des Ateliers.
Un lieu que j'adore ! Pour y accéder, il faut quitter le centre ville, traverser le Boulevard des Lices avant d'arriver à cet immense chantier que sont les anciens ateliers de la SNCF. De suite vous êtes happés par l'atmosphère du lieu ! Un décor voué à l'image…

Parcours écrasé de soleil, sous les grues, entre les montagnes de matériaux divers… Sur le chemin du premier lieu d'exposition, quelques photos sont sommairement accrochées au grillage : scènes de vacances, de jeux, de famille, un monde en soi, là en plein air… Un ravissement !

Façades.                             Dans la Grande Halle, Markus Brunetti, nous offre des images monumentales d'églises, de cathédrales, du Portugal à l'Italie, en passant par l'Allemagne et la France.

Devant ces formats géants de façades connues ou inconnues, vous changez d'échelle : finie l'impression d'être écrasé par le monument et pourtant, face à la façade, vous recevez l'immensité de l'ouvrage et vous devenez le monument.



À la poursuite des lieux traversés

Le temps hémophile coule d'un lieu à l'autre ! Son regard s'étourdit de toutes les images vues, aperçues, ignorées…

L'homme se déplace dans la cité arlésienne et bien au-delà. Lieux réels ? Imaginaires ? Que fait-il dans cette forêt de clichés ?

Il traverse ces territoires, connus, méconnus, reconnus, inconnus… Il croit se promener alors qu'il devient peu à peu le narrateur d'un voyage énigmatique, silencieux, intérieur. 

Sans cesse son regard est en marche avec des allers et retours sur tous ces lieux parcourus…
En quoi un lieu fait précisément lieu, en quoi l'espace qui l'environne permet ou non l'exercice d'une liberté de mouvement et de pensée, se demande-t-il alors qu'il va quitter ces ateliers kaléidoscopiques sans aller au Musée des Antiques, à l'Abbaye de Montmajour… 
  
Le photographe peut s'immerger dans n'importe quel lieu, du placard au désert, du pétale à l'étoile. Son art ? Sculpter la lumière. L'érotisme du regard photographique est là dans cette volonté non rassasiée de saisir ce qui ne pourra être vu. Le paradoxe est indépassable : ce que l'appareil capte n'est que la trace de ce regard et non le regard lui-même…

D'après À la poursuite des lieux traversés de Léa Bismuth

lundi 17 août 2015

Des vacances au bord de l'océan (1)


Au camping Le Puits de l’Auture
Au bord de l'Océan
Avec MamyLou et PapyLLon
À Saint Palais, près de Royan
Juste en face du phare de Cordouan
Une semaine sans les parents… 




Sur la plage pendant des heures
on a pris de belles couleurs
dans les vagues on a sauté…



Au ballon, au frisbee on a joué
sur d’autres vagues on a glissé
dans le soleil on a bien rigolé…




Pelle, râteau, seau… On a travaillé
un beau sable doré et mouillé
des tours, des murs on a montés…





Sur la plage, on a bataillé
pour sauver notre château de sable
et ses remparts infranchissables
qu’une vague soudain a balayés



Sur le manège on est monté
et dans les airs on s’est envolé
avant d'aller joyeusement dîner
de pastèques, pâtes et pizzas dorées…
Et quand l'océan était tranquille
on rêvait, doucement immobiles
jusqu'à l'arrivée de Maryse des îles
aux parfums de La Réunion, de Mayotte…

Au pied des carrelets
on a regardé les bateaux passer
entre le phare et les bouées…
Abigail & Philémon

vendredi 31 juillet 2015

Une journée dans le Sidobre (Tarn)



Une île de granite

Ce jour là, nous entrons

dans un monde à part…

Le Sidobre, près de Castres

une exception géologique

un paysage unique où de

gigantesques boules de pierre

semblent avoir été jetées

par la main d'un géant

dans un écrin de bouleaux

de chênes, de châtaigniers…


Tombés du ciel ou

crachés par la Terre :

d'où viennent ces rochers

énormes et drôles ?

Tels des lutins

nous l'explorons

avec nos âmes d'enfant

nous racontant des histoires

et écoutant les légendes

soufflés par le vent…
au hasard des sentiers

ici une guenon stoïque

là une oie démesurée

des fromages superposés

un œuf de 800 tonnes

en équilibre sur un socle

une rivière de rochers…


Le soir nous regagnons

la Maison du Renard

au bout du monde

chez Anne & Roland

mercredi 29 juillet 2015

Les Pyrénées (3) : le pic du Midi de Bigorre


Aujourd'hui ?

À notre arrivée à la station de La Mongie, le pic est invisible. Caché par un épais rideau nuageux ! On monte ?

On y va : presque seuls dans le téléphérique, le vaisseau des étoiles nous emmène à 45 km/h, à 350 m au-dessus du vide !

Nous voici dans le coton… Traversée de la nappe paresseuse dans les vallées et soudain, dans une lumière pure, nous embrassons tous les sommets, jusqu'en Espagne : Pic d'Aneto, Vignemale, Balaïtous…


Altitude : 2877 m

Voici le nœud monstrueux

de l’ombre et de l’azur,

et en son faîte est un toit

sans 
brouillard

et sans voile,

où ne peut se poser

d’autre oiseau que l’étoile,

c'est le Pic du Midi

Victor Hugo
La Contemplation du Ciel

J´étais seul près des flots
par une nuit d´étoiles.

Pas un nuage aux cieux,
sur les mers pas de voiles ;

Mes yeux plongeaient
plus loin que le monde réel,

Et les bois et les monts
et toute la nature

Semblaient interroger,
dans un confus murmure,

Les flots des mers,
les feux du ciel…

Camille Flammarion,
extrait de Astronomie des Dames (1903)

mercredi 15 juillet 2015

Les Pyrénées (2) : depuis Beaucens (Hautes-Pyrénées)


Le cirque de Troumouse

Moins connu que son voisin Gavarnie mais plus vaste, le cirque de Troumouse est l'un des plus beaux cirques glaciaires des Pyrénées.

Temps idéal  douce chaleur estivale, vent absent ou alors légère brise, très agréable, telle la caresse d'un éventail des cimes...

Nous pique-niquons accrochés aux pentes de la Munia (3133 m) point culminant du cirque dominant un petit glacier suspendu. Isards, marmottes, quelque part siestent... À nos pieds les lacs des Aires paressent...
Les lacs des Aires

Dans une nature de rêve
nous devinons la musique
du pipit spioncelle
du traquet motteux
de l'accenteur alpin
ou de la perdrix des neiges...

De grands rapaces
sillonnent les cimes du cirque
le vautour fauve
le gypaète barbu

Les lacs sont fleuris
de chardons bleus
de renoncules blanches
d'androsaces roses
de gentianes bleues
et plus haut
de rhododendrons rouges
Au pied du Hautacam

Randonnée idéale : nous partons à pied depuis la magnifique maison bigourdane, chez Henri & Ione, située à Vielle un des nombreux quartiers de Beaucens (ses thermes et son donjon des Aigles).

Le démarrage est rude : en quelques pas, nous devons passer de 502 m à 776 m jusqu'aux ruines de la chapelle de Bédouret. Fort heureusement, cette montée s'effectue entièrement à l'ombre de châtaigners et de frênes. Puis Croix d'Arry, cap du Mourquey à 960 m et retour par Artalens (photo 3).

dimanche 12 juillet 2015

Les Pyrénées (1) : depuis Ouzous (Hautes-Pyrénées)

Le lac d'Estaing

Francis Jammes - voir Pays Basque (2) du 28 décembre 2014 - appelait les Pyrénées "les rives du ciel". Le poète savait ce qu'il y a de furieux et de déraisonnable dans les eaux pyrénéennes.

Près des montagnes
je suis né,
Et je sens bien maintenant
que dans mon âme
Il y a de la neige,
des torrents couleur de givre
Et de grands pics cassés
où il y a des oiseaux de proie
Qui planent dans un air
qui rend ivre
Dans un vent qui fouette
les neiges et les eaux.

Le Pibeste

Nous voici à Ouzous (550 m), en amont de Lourdes, dans le Lavedan autre nom du bassin du gave de Pau.

Depuis la maison Mayou, ce matin là nous partons sur les pentes du Pibeste (1349 m).

Aucune difficulté dans cette douce ascension ; les haltes sont fréquentes afin d'apprécier les rives du ciel à l'horizon. Exposition plein sud, d'où la présence d'une végétation méditerranéenne sur ce versant pratiquement jamais enneigé...

Le lac de Gaube est une initiation. Ici commence la haute montagne. Ici on peut rêver à d'autres horizons, aux sommets de neige et de glace où l'on ira un jour. Ici on prend la mesure d'une démesure. On se rappelle Victor Hugo : Lac de Gaube. treize cents pieds. Notre vieille Notre-Dame s'y entasserait six fois sur elle-même avant que la haute balustrade de ses tours parvînt à la surface de l'eau. On y plongerait la Grande Pyramide, on y poserait sur Chéops le Munster de la cathédrale de Strasbourg et sur le Munster la flèche d'Anvers sortirait au-dessus du lac comme la pointe du mât d'un navire naufragé.